La société sénégalaise accepte aisément que l’on dise en wolof « duu deug » mais n’accepte pas l’expression française « tu mens » considérée comme une insulte. N’est-ce pas paradoxal ?
Lorsque je raconte des contre-vérités à quelqu’un et que cette personne me dis « tu mens ». Dois-je considérer que cette personne m’a insultée? Maintenant lorsque cette personne me le dit en wolof « duu deug ». Estce toujours une insulte ?
Sur les plateaux télévisés, lorsqu’on entend des débatteurs ( journalistes, chroniqueurs et politiciens) utiliser l’expression « kacc ou kathieu » dans leurs propos, ce qui veut dire (contre-vérités ou mensonges en français) sont-ils dans l’insulte ?
Lorsque le mot « Gatsa Gatsa » s’invite au débat politique, pourquoi certains l’ont considéré comme une insulte et d’autres le traduisent comme une expression oeil pour oeil, dent pour dent en français ?
Lorsque l’élu du peuple, Guy Marius Sagna a dit publiquement dans l’hémicycle que le président Macky Sall « daay fééne » « un menteur »
était-il dans la logique d’une insulte à un chef d’Etat en exercice ou bien il était dans une réplique politicienne ?
Idem lorsque Ousmane Sonko a dit publiquement que certains agents de l’Etat sont des menteurs, et qu’à l’époque Mimi Touré considérait comme des insultes ces propos de Ousmane Sonko à l’endroit de l’administration publique, est-ce que ce dernier était-il aussi dans la logique d’une insulte véritable ou bien une riposte politicienne ?
Pourquoi dans le débat public, on accepte le mot kaac (kathieu) en wolof et on rejette son terme (mensonges) en français?
Plus grave encore, pourquoi est-il si aisé pour certains citoyens sénégalais de dire librement de « gros mots » en wolof même en s’amusant entre frères ou entre amis alors que si traduits en français les regards sont horrifiés devants ces propos ?
Enfin, j’ouvre le débat sur cette question : Entre l’expression wolof « waxo deug » et l’expression française « tu mens », laquelle est une insulte? Bien entendu, si tant est que la personne en face est un menteur.
J’ai posé cette question à trois personnes et j’ai reçu trois réponses différentes.
Pour éviter toutes perceptions négatives dans les expressions
linguistiques, ne serait-il pas mieux d’éviter l’usage du langage grossier?
Dans toute discussion et relation sociale privée, publique ou professionnelle, ne serait-il pas mieux de cultiver la vérité, rien que l’usage de la vérité car celle-ci a toujours pour finalité et objectif de raffermir au mieux les liens sociaux, de garantir davantage la bonne gouvernance, d’assurer la pérennité de la stabilité nationale et de nous éloigner des démons de la division.
Ainsi donc pour conclure, au delà de nos différentes langues maternelles, j’invite tous les sénégalais et sénégalaises à revisiter ce magnifique patrimoine linguistique qui est le wolof, qui à coup sûr, constitue un trait d’union entre les populations d’une même nation sénégalaise aux
cultures diversifiées mais qui aussi est la vitrine culturelle du Sénégal, ce pays tant admiré sur le plan international par le fait de l’excellent travail de nos ambassadeurs culturels tous secteurs artistiques confondus.
Dans Nations négres et culture, Cheikh Anta ne disait-il pas qu’une langue véhicule toute une culture et toute une civilisation ?
Donc si l’expression française « tu mens » est rejetée dans la sphère culturelle sénégalaise alors que l’expression wolof « duu deug » est acceptée, cela veut dire tout simplement que ce sont les perceptions et le relativisme culturel qui définissent les expressions linguistiques. Surtout dans une société où la langue française, ce merveilleux outil, ramassé dans les vestiges de la colonisation, ne cesse de côtoyer toutes nos langues nationales. Nous sommes obligés de faire avec cet héritage culturel colonial, en faire bon usage tout en tenant compte de nos codes culturels.
Mais comme disait Youssou Ndour, « xeel duu jaariñ lou doul xalaat ». Si ce n’est la plume ou également la voix, quels autres supports de communication peuvent véhiculer le langage de l’esprit humain ? Ainsi donc, pour bâtir une société harmonieuse, telles des sentinelles, la plume et la voix doivent être “les templiers” de la préservation de nos valeurs traditionnelles et principes culturels mais également, la plume et la voix doivent également toujours servir à promouvoir nos enjeux et défis communs. Et ces défis ou enjeux ne sont réalisables que si la paix en est le vecteur principal. Car la paix précède le développement disait le président Abdou Diouf. Donc cultivons la paix pour un Sénégal inclusif et prospère.
A RETENIR - Nos mots ont des pouvoirs. Donnons-leurs le pouvoir de construire plutôt que de déconstruire ou de détruire.
One love SENEGAL.
PlumeCitoyenne
MaremKANTE
Mardi 25 mars 2025
Lorsque je raconte des contre-vérités à quelqu’un et que cette personne me dis « tu mens ». Dois-je considérer que cette personne m’a insultée? Maintenant lorsque cette personne me le dit en wolof « duu deug ». Estce toujours une insulte ?
Sur les plateaux télévisés, lorsqu’on entend des débatteurs ( journalistes, chroniqueurs et politiciens) utiliser l’expression « kacc ou kathieu » dans leurs propos, ce qui veut dire (contre-vérités ou mensonges en français) sont-ils dans l’insulte ?
Lorsque le mot « Gatsa Gatsa » s’invite au débat politique, pourquoi certains l’ont considéré comme une insulte et d’autres le traduisent comme une expression oeil pour oeil, dent pour dent en français ?
Lorsque l’élu du peuple, Guy Marius Sagna a dit publiquement dans l’hémicycle que le président Macky Sall « daay fééne » « un menteur »
était-il dans la logique d’une insulte à un chef d’Etat en exercice ou bien il était dans une réplique politicienne ?
Idem lorsque Ousmane Sonko a dit publiquement que certains agents de l’Etat sont des menteurs, et qu’à l’époque Mimi Touré considérait comme des insultes ces propos de Ousmane Sonko à l’endroit de l’administration publique, est-ce que ce dernier était-il aussi dans la logique d’une insulte véritable ou bien une riposte politicienne ?
Pourquoi dans le débat public, on accepte le mot kaac (kathieu) en wolof et on rejette son terme (mensonges) en français?
Plus grave encore, pourquoi est-il si aisé pour certains citoyens sénégalais de dire librement de « gros mots » en wolof même en s’amusant entre frères ou entre amis alors que si traduits en français les regards sont horrifiés devants ces propos ?
Enfin, j’ouvre le débat sur cette question : Entre l’expression wolof « waxo deug » et l’expression française « tu mens », laquelle est une insulte? Bien entendu, si tant est que la personne en face est un menteur.
J’ai posé cette question à trois personnes et j’ai reçu trois réponses différentes.
Pour éviter toutes perceptions négatives dans les expressions
linguistiques, ne serait-il pas mieux d’éviter l’usage du langage grossier?
Dans toute discussion et relation sociale privée, publique ou professionnelle, ne serait-il pas mieux de cultiver la vérité, rien que l’usage de la vérité car celle-ci a toujours pour finalité et objectif de raffermir au mieux les liens sociaux, de garantir davantage la bonne gouvernance, d’assurer la pérennité de la stabilité nationale et de nous éloigner des démons de la division.
Ainsi donc pour conclure, au delà de nos différentes langues maternelles, j’invite tous les sénégalais et sénégalaises à revisiter ce magnifique patrimoine linguistique qui est le wolof, qui à coup sûr, constitue un trait d’union entre les populations d’une même nation sénégalaise aux
cultures diversifiées mais qui aussi est la vitrine culturelle du Sénégal, ce pays tant admiré sur le plan international par le fait de l’excellent travail de nos ambassadeurs culturels tous secteurs artistiques confondus.
Dans Nations négres et culture, Cheikh Anta ne disait-il pas qu’une langue véhicule toute une culture et toute une civilisation ?
Donc si l’expression française « tu mens » est rejetée dans la sphère culturelle sénégalaise alors que l’expression wolof « duu deug » est acceptée, cela veut dire tout simplement que ce sont les perceptions et le relativisme culturel qui définissent les expressions linguistiques. Surtout dans une société où la langue française, ce merveilleux outil, ramassé dans les vestiges de la colonisation, ne cesse de côtoyer toutes nos langues nationales. Nous sommes obligés de faire avec cet héritage culturel colonial, en faire bon usage tout en tenant compte de nos codes culturels.
Mais comme disait Youssou Ndour, « xeel duu jaariñ lou doul xalaat ». Si ce n’est la plume ou également la voix, quels autres supports de communication peuvent véhiculer le langage de l’esprit humain ? Ainsi donc, pour bâtir une société harmonieuse, telles des sentinelles, la plume et la voix doivent être “les templiers” de la préservation de nos valeurs traditionnelles et principes culturels mais également, la plume et la voix doivent également toujours servir à promouvoir nos enjeux et défis communs. Et ces défis ou enjeux ne sont réalisables que si la paix en est le vecteur principal. Car la paix précède le développement disait le président Abdou Diouf. Donc cultivons la paix pour un Sénégal inclusif et prospère.
A RETENIR - Nos mots ont des pouvoirs. Donnons-leurs le pouvoir de construire plutôt que de déconstruire ou de détruire.
One love SENEGAL.
PlumeCitoyenne
MaremKANTE
Mardi 25 mars 2025
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